Vanity Fair au MAD

Chaque année, Vanity Fair dresse la liste des 50 français les plus influents dans le monde, dans différentes catégories, ce qui donne lieu à un dîner réunissant certain·e·s des 50, et d’autres influenceuses et influenceurs en tous genres. Délaissant l’Hôtel Salomon de Rothschild qui abrita les premiers dîners, c’est dans le cadre sublime du Musée des Arts Décoratifs que la petite centaine d’invités s’était donnée rendez-vous pour célébrer les élu·e·s.

Il faut dire qu’Olivier Gabet, directeur adjoint du MAD (le petit nom du musée, pour les initiés), faisant partie des 50, il a eu à cœur de proposer un bel écrin à ce gage de sa réussite – méritée, précisons-le, si certains se posent la question. En l’absence du Président de la République, Emmanuel Macron (numéro 1 dans la section “Diplomatie”), c’est l’ancien Président du PSG, Michel Denisot, et conseiller éditorial de Vanity Fair, qui a ouvert la soirée, alors que l’on buvait déjà sans modération aucune le champagne Brut Réserve de la maison Billecart-Salmon, dont la finesse des bulles n’a pour égale que la richesse de son palais.

Ce moment de grâce se déroulait dans les espaces de l’exposition “Moderne Maharajah, un mécène des années 1930”, et l’on pouvait ainsi deviser en très bonne compagnie tout en admirant la collection effarante du Maharajah d’Indore. On pouvait aussi remarquer certains conciliabules, comme celui réunissant dans la Nef Doria Tillier, Mademoiselle Agnès et Virginie Effira. On entendra cette dernière, un peu plus tard, confier à un animateur radio qu’elle s’endormait chaque soir avec lui. En présence de son épouse, l’animateur évita l’incident diplomatique quand la comédienne précisa qu’elle ne pouvait s’endormir sans écouter des podcasts. Pour clore tout à fait cet épisode, précisons que le comédien Niels Schneider, compagnon de l’interprète de Victoria ou Sybil, était la plupart du temps à ses côtés.

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Au chapitre des élégances, l’actrice franco-britannique Emma MacKey, révélée par la série “Sex Education” sur Netflix, portait avec une grâce certaine un costume gris perle pourtant deux fois trop grand pour ses frêles épaules, ce que Natacha Ramsay-Lévy, styliste de la maison Chloé, valida d’un seul coup d’oeil, métier oblige. Les deux font partie des 50, tout comme la jeune mannequin Mariam de Vinzelle, ambassadrice de Louis Vuitton, qui aimerait, nous a-t-elle dit, s’essayer au cinéma, mais qui pour l’heure poursuit ses études à l’Ecole supérieure de physique et de chimie industrielle de la Ville de Paris. Toujours à l’affût, Jean-Baptiste Mondino avait l’air prêt à dégainer son appareil photo pour croquer toutes les élégances de la soirée.

C’est dans le Pavillon de Marson, situé dans le prolongement de la Nef, que la soirée se poursuivit. Le dîner fût en effet servi dans le Salon des Boiseries, décoré d’un magnifique assemblage de boiseries des XVIIe et XVIIIe siècles provenant d’hôtels particuliers parisiens ou de châteaux. Ses trois grandes baies vitrées ouvrent la perspective sur le jardin des Tuileries, et plus précisément, en cette période de l’année, sur la Grande Roue de la Fête Foraine qui s’y tient chaque année, ce que Catherine de Médicis n’aurait sans doute jamais imaginé – heureusement pour sa tension artérielle.

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Avec Chopard et Sofitel comme partenaires de cette soirée, Vanity Fair s’est offert les services de Céline Pham, jeune cheffe franco-vietnamienne qui fait cette année partie des 50, passée par Saturn et Septime, et qui propose désormais au coup par coup des dîners d’exception. Accompagnés par un Carillon d’Angélus Saint-Emilion grand cru 2012 tout en rondeurs et un Pouilly-fumé La Moynerie 2018 à la minéralité appétissante, on servit donc en entrée une tarte butternut et saint-jacques rôties, accompagnés de légumes d’hivers rôtis, de radis blue-meat et de beurre noisette au miso, le tout formant une subtile alliance au mille et une saveurs, entre salé et sucré, avec un goût automnal de sous-bois brumeux.On eût ensuite le loisir de suivre le ballet qui semblât s’improviser autour de Thierry Frémeaux, délégué général du Festival de Cannes. Laetitia Dosch, Sophie Letourneur, Benoit Magimel ou Monia Chokri, en bon connaisseurs de la Croisette, venaient-ils à la pêche aux infos ? Cela ne paraissait pas de saison, mais l’onction cannoise, on le sait, a valeur de Graal. Alexis Michalik, lui, restait à l’écart. Vinrent ensuite les ravioles de champignons sauvages, avec Enoki, shiitaké et pak choï, bouillon corsé, coriandre longue et citron vert, dont la complexité ravît notre palais par sa douceur et la longueur de son goût au bouche. On se demande ce que Cyril Lignac, invité aux agapes, pouvait bien penser de sa consœur.

Avant le dessert, notre voisin de table trouva qu’il était temps de se présenter. Il s’affirma pâtissier, ce qui provoqua l’hilarité de son entourage. Il nous dira plus tard qu’il est patron de Ladurée : il s’agissait en effet de l’extravagant David Holder. Les agrumes servies en dessert étaient les bienvenues, pour rafraîchir un palais qui s’était fait enivré par les saveurs primitives qui l’avaient précédé. Lemond curd, pamplemousse et cédrat, meringue au citron noir d’Iran, glace au basilic thaï, la cheffe faisait ici honneur à ses origines. Joseph Ghosn, le directeur des rédactions de Vanity Fair, pouvait enfin dénouer sa cravate, le miracle avait opéré, et le temps d’une soirée, on se serait presque cru soi-même dans la liste des 50. L’an prochain, peut-être ?